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Est-ce que le choix d’un outil de modélisation apporte une méhode ?

Posted on 18 juin 2009 by Michael Ferrari

Le choix d’un outil de modélisation apporte-t-il une méthode de modélisation ?

C’est une question qui est souvent posée par mes clients. Cela commence souvent ainsi : « J’ai choisi la suite … et j’ai commencé à modéliser mais au bout d’un mois tous mes modèles sont enchevêtres et je ne m’y retrouve plus, l’outil n’est pas censé apporter la méthode ? ».

Pour bien répondre à la question (de manière plus complète que ce qui peut-être fait au téléphone) voici le fond du problème.

Il nous faut tout d’abord commencer par le commencement : qu’est-ce qu’un outil de modélisation ?

Un outil de modélisation de processus est un logiciel qui permet de représenter et d’organiser les processus métier d’une entreprise. Il comporte une partie graphique pour représenter le diagramme et une partie textuelle pour décrire le graphique et les données associées. Un outil digne de ce nom est épaulé par une base de donnée relationnelle qui assure, entre autre, que chaque élément dans l’ensemble du référentiel soit unique (non, Visio n’est pas une suite de modélisation). L’objectif est d’assurer qu’une tâche générale soit décrite d’une seule manière et qu’elle soit réutilisée à de multiples endroits afin de faciliter les mises à jour : il suffira de modifier une occurrence de l’objet pour que toutes les autres soit mises à jour. D’autres bénéfices sont retirés d’une base de données relationnelle.

L’outil possède généralement de nombreuses fonctionnalités qui vont du « designer » qui sert à modéliser au « générateur d’état » qui sert à restituer le processus pour qu’il soit communiqué (PDF, Doc, HTML…).

Ce qui se cache derrière l’outil de modélisation est bien plus complet qu’une simple base de donnée relationnelle. L’outil contient toujours un ensemble d’objets prédéfinis pour décrire les processus ou le système d’information : un objet représente une tâche, un autre une zone du SI et ainsi de suite. Chaque objet est configuré selon 2 angles : les relations qu’il peut avoir avec les autres objets et ses attributs.

Par exemple, un objet tâche pourra avoir une relation avec un évènement mais non avec un objet tâche et il contiendra au minimum une description et un type précisant si c’est une tâche manuelle ou automatique.

Toute cette configuration est contenu dans le méta-modèle. Il va contenir l’ensemble des objets, leur représentation graphique, leurs liens possibles, leurs attributs ainsi que d’autres éléments conditionnant le fonctionnement de l’outil de modélisation.

Ceci étant dit, l’outil de modélisation contient donc des choix de méthode. Un outil permettra de relier une tâche à une autre alors qu’un second outil ne l’autorisera pas. Selon l’éditeur et le méta-modèle différents choix méthodologiques seront fait. En dépit de ces choix, il reste souvent beaucoup d’autres décisions que l’outil ne contient pas car il est livré indépendamment du contexte du projet du client.

Cela va plus loin que ça. Même avec un méta-modèle parfaitement personnalisé pour un client, l’outil ne dira toujours pas comment doivent être modèlisés les processus. Certains outils sont plus contraignants que d’autres sur le sujet et la finesse des contrôles peut être important mais dans l’ensemble, l’outil n’est pas la méthode.

Imaginez que vous achetez un logiciel pour faire de la musique. Vous pouvez cherchez si le LA doit être à 440 Hz ou pas et si vous souhaitez positionner une note de guitare acoustique ou de piano mais cela ne fait toujours pas de vous un musicien ou un compositeur. L’illusion est facile sur ce sujet et l’on peut rapidement être amené à croire que l’on va s’en sortir tout seul avec un outil et en lisant l’aide fournie (souvent la documentation du méta-modèle n’est pas fournie).

Une partie de la méthode est donc nécessairement comprise dans le méta-modèle de l’outil. Selon sa flexibilité, c’est soit on adapte le méta-modèle au besoin du client, soit… le client s’adapte au méta-modèle de l’outil (cela arrive plus souvent qu’on le souhaiterais!). Mais en dépit de l’aide apportée par le méta-modèle, il n’est reste pas moins que de nombreux éléments contextuels ne sont pas compris ici : manière de nommer les modèles et les objets, la manière d’organiser les modèles (hiérarchique ou non), la manière de décrire les objets…

Pire, l’outil ne sait pas si votre modèle est conforme à d’autres choix méthodologiques comme le nombre maximum d’objets par modèle, le nombre de niveaux ou de couches ou d’autres choix non présent dans l’outil.

Les outils évoluent naturellement vers l’intégration de plus en plus complète de la méthode de modélisation mais prenez garde car le diable se niche dans les détails !

La récupération d’un projet ayant été démarré sans méthode précise est toujours une tâche haletante car on ne souhaite pas perdre le travail fourni par les équipes ni vraiment faire passer le message comme quoi la méthode n’est pas viable tout en devant respecter une certaine rapidité d’exécution. Mieux vaut éviter d’en arriver là.

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