Lorsqu’il s’agit de modéliser des processus, la plupart des clients vont chercher un outil avec cette question en tête : « quel est le meilleur outil pour faire ce que je dois faire ? ».
Cette question dérive bien souvent vers : « quel est le meilleur outil ? » qui veut bien entendu dire « quel est le plus cher ? ».
Outil ?
Cette tendance très humaine ne doit jamais faire oublier que modéliser n’est pas une question d’outil. Autant la question était primordiale il y a 3 ou 5 ans lorsque le marché était « sous-outillé » et qu’une décision sur ce point pouvait conditionner le succès ou non d’un projet mais désormais de nombreux outils sont très qualifiés.
J’ai pu tester et travailler avec de nombreux outils BPM ou outils de modélisation de processus métier.
Ce que je sais, c’est que les différences sont minimes entre les plus gros outils à tel point que les critéres d’évalutions doivent être très affinés.
L’outil n’est donc plus déterminant (sauf projet technologique particulier, une minorité). Ce constat est aussi valable pour la modélisation de systèmes d’information et l’urbanisation du SI.
L’outil sera quand même la garantie de la pérennité d’un référentiel d’entreprise. On ne compte plus les projets de modélisation basés sur Excel qui n’ont presque jamais servi…
Un outil est donc nécessaire mais pas déterminant.
Conceptualisation
L’une des qualités importantes que doit posséder un modélisateur, c’est donc de conceptualiser. C’est à dire, intégrer de nombreuses informations et arriver à organiser, reconnaître des patterns , et prioriser des idées.
Cette capacité, directement liée à l’hémisphère droit du cerveau, n’est pas à mon sens quelque chose qui se travaille. C’est quelque chose que l’on possède ou non.
C’est ce qui va faire la différence entre quelqu’un qui nécessite 20 minutes d’exposés et de prise de notes et quelqu’un qui reconnait les éléments clés et leurs relations en 5 minutes.
Bien sûr, je caricature un peu la chose, mais vous voyez ce que je veux dire.
Méthodologie
Un modélisateur doit être méthodique. La méthode définie les choses autorisées et interdites dans une modélisation. Elle définie ce que pourront faire les modélisateurs. Son objectif est de garantir une homogénéité dans les modèles et d’assurer un niveau de qualité minimum (en terme de détails de description).
C’est un point bien souvent négligé.
Le modélisateur doit :
- savoir suivre une méthode qu’il n’a pas créé,
- savoir mettre au point une méthode,
- trouver les points faibles et faire évoluer une méthode existante,
- savoir expliquer le point précédent à un client !
Restitution
Si conceptualiser est la première étape, restituer est l’étape finale. Restituer de manière cohérente avec ce qu’il a précédemment fait est une qualité qui ne se trouve pas chez tout le monde.
C’est là où la méthode intervient.
Malgré la méthode, il arrive très souvent qu’une marge de manoeuvre existe. Si le modélisateur est bon, cette marge sera utilisée pour faire du modèle quelque chose de mieux que prévu, sinon ce sera un résultat décevant.
C’est aussi simple que ça. Vous constaterez tout de suite si un modèle « parle » ou s’il nécessite 5 minutes d’explication. Vous verrez la différence entre un modèle « auto-descriptif » et un modèle qui nécessite la présence de son réalisateur pour être compris…
Conclusion
Voici donc un petit aperçu rapide des qualités « techniques » d’un bon modélisateur de processus d’entreprise ou de systèmes d’information. Au-delà de ça, il ne faut pas oublier qu’un modèlisateur sera amené à discuter et échanger avec de nombreuses personnes et que ses qualités humaines sont très importantes.
Il me semble que les modélisateurs sont plutôt des gens qui fonctionne de manière visuelle. Ils privilégient ce canal au lieu du son qui naturellement est moins utile dans ce type de travaux.
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